• écrit par Newik 

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    bisexuel, bisexuelle
    adjectif et nom

    « Qui pratique la bisexualité. »

     Dictionnaire Larousse



    L’obsession de l’étiquetage


    Homme ou femme ? Majeur ou mineur ? Salarié ou sans travail ? Maqué ou célibataire ?
    La société a toujours aimé nous faire rentrer dans de petites cases. De préférence, avec un stigmatisme qui fait que l’on est soit un extrême, soit un autre.
    Il est vrai que dans un monde où la paperasse administrative est reine, pouvoir coller des étiquettes noires ou blanches sur le front de chaque individu peut s’avérer pratique. L’identification est immédiate, claire, sans concession. J’ai soit dix-huit ans ou plus, soit strictement moins, mais pas un peu des deux. Pas besoin de tortiller du cul.


    Très bien. Mais il devient tout de suite plus douteux d’appliquer le même exercice de catégorisation à double sortie quand il s’agit de goûts, d’opinions, de traits de personnalité ...

    • Que je me dise de gauche implique-t-il que je rejette toutes les idées de droite ?
    • Dois-je être totalement pour ou totalement contre l’euthanasie ?
    • Est-ce que je suis forcément soit complètement introverti, soit complètement extraverti ?

    Et pourtant, ce ne sont pas les questionnaires idiots qui manquent où on me demande si je suis « plutôt sucré ou salé », « plutôt thé ou café », « plutôt cheval ou dauphin » …
    Choisis ton camp, camarade !

    Dans ce contexte, il ne semble pas étonnant que l’on étiquète de même les préférences sexuelles. On aime les hommes ou on aime les femmes, mais s’il vous plait, pas les deux à la fois !
    De nos jours encore, les bisexuels, puisqu’il a bien fallu mettre un nom sur ces gens qui ne rentraient dans aucune case, sont assez mal perçus par la communauté hétérosexuelle comme homosexuelle. Ils intriguent, dérangent. On les voit trop souvent comme des être indécis perdus entre deux eaux, ou bien des dépravés sexuels prêts à sauter sur tout ce qui bouge. Les uns s’en méfient, et les autres les méprisent. La bisexualité serait en quelque sorte un artifice, une supercherie d’homos refoulés qui, par peur de s’assumer complètement, préfèreraient sortir leur carte Joker afin de garder sous le coude la perspective d’un avenir « classique » avec famille et enfants. Mais ce sont des menteurs, des tricheurs, qui ne peuvent forcément pas aimer les garçons et les filles !

    Eh bien osons poser la question : ne pourrait-on pas tout simplement aimer une personne, indifféremment de son sexe, au même titre que l’on peut aimer une personne indifféremment de son âge, de sa couleur, ou de sa religion ?



    La bisexualité : un « concept » vieux comme le monde

     
    La croyance – hélas répandue – selon laquelle la bisexualité serait un « concept » apparu très récemment est tout ce qu’il y a de plus faux.
    Enfin … Pour être plus précis, les pratiques bisexuelles ont toujours existé chez l’homme, parfois de manière si naturelle qu’il n’y avait même pas de terminologie associée.
    Et ce ne sont pas nos ancêtres grecs, romains, japonais … qui diront le contraire. Chaque société avait ses propres rites, mais dans l’ensemble, ça se mélangeait joyeusement sans se prendre le chou.
    En Grèce Antique par exemple, les relations homosexuelles étaient tout à fait acceptées, à condition que le rôle du passif n’échoie pas à l’homme adulte libre (ce qui constituait un déshonneur).
    Elles pouvaient même entrer dans le processus d’éducation sexuelle des jeunes hommes, dont il n’était pas choquant qu’ils se mettent en couple avec un adulte. Ce dernier, l’« éraste », servait en quelque sorte de modèle à l’adolescent, l’« éromène », tout en s’engageant à le protéger et à le respecter.

    Dans son Dialogue sur l’amour, Plutarque a écrit, avec beaucoup de poésie :

    "Celui qui aime la beauté humaine sera favorablement et équitablement disposé envers les deux sexes, au lieu de supposer que les hommes et les femmes différent sous le rapport de l'amour comme sous celui du vêtement".

    Et à ceux qui claironnent que l’homosexualité et la bisexualité sont contre nature, rappelons qu’il a été observé des comportements bisexuels chez plus de 450 espèces animales.

    Quelques ancêtres bi célèbres à travers le monde

    David (1000-972 av JC), roi d’Israël
    Alexandre le Grand (353-323 av JC), empereur de Macédoine
    Jules César (101-44 av JC), général et homme d’état romain
    Commode (161-192), empereur romain
    Clovis (481-511), roi de France (aurait confessé lors de son baptême avoir eu une relation homosexuelle)
    Jean XII (937-964), pape (!!)
    Philippe II Auguste (1180-1223), roi de France, amant de Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre



    Quand la religion s’en mêle


    Tout se complique au IVe siècle avec l’arrivée du christianisme en Occident comme religion d’Etat. Inutile de rappeler que la religion n’a jamais aimé plaisanter avec les histoires de fesses, notamment avec l’homosexualité, considérée comme une « abomination », un « péché », « un crime ». Rien que ça.
    Entre parenthèses, sachant dès le départ que l’église condamne la masturbation, il ne fallait pas s’attendre à des miracles avec la sodomie, pratique sexuelle des plus olé-olé
    Dans l’idéal religieux, le sexe est uniquement réservé à la constitution de la future descendance ; il doit donc être pratiqué avec modération et en toute austérité par un couple hétérosexuel marié.

    Ne serait-ce qu’en ce qui concerne l’« austérité » et la « modération », personne n’ignore que le commun des mortels a toujours eu du mal à s’en tenir à ces principes fort sages … On comprend donc pourquoi l’Eglise a souvent eu mieux à faire que de pourchasser le moindre petit écart de conduite. Elle a ainsi réussi à fermer les yeux plusieurs siècles durant sur l’homosexualité, bien que cette dernière constitue en théorie un crime passible du bûcher.

    Mais au XIIIe siècle, ça ne rigole plus. Le Moyen Age voit arriver son « plan de rigueur » et ses mises sur le bûcher à gogo ; les accusations de sorcellerie et d’hérésie pleuvent, comme autant de bons prétextes pour faire rôtir tout ce beau monde à petit feu. L’homosexualité, rangée dans la case « hérésie », n’échappe pas aux condamnations ; les homos sont pourchassés et exécutés.
    Il faut attendre rien de moins que 1790 et la Révolution Française pour que le crime de sodomie soit aboli.
    Mais aujourd’hui encore, il est désolant de constater que les pratiques homosexuelles sont illégales dans  plus de 90 pays (légales dans seulement 20 pays), et passibles de peine de mort dans 9 pays :

    - l’Iran (mort par pendaison)
    - le Nigéria (mort par lapidation)
    - l’Arabie Saoudite (mort par décapitation au sabre)
    - l’Afghanistan
    - la Mauritanie
    - le Soudan
    - le Nigéria
    - le Yémen
    - le Pakistan
    -  les Émirats Arabes Unis

    Dans un tel contexte de chasse à l’homme, il est logique que deux clans distincts se forment : ceux qui ont des relations exclusivement hétérosexuelles, donc qui n’ont rien à se reprocher … et les autres, les dépravés, les malades mentaux qui osent avoir des rapports avec quelqu’un du même sexe : en un mot, les homosexuels. La bisexualité n’existe pas, il y a juste les bons et les mauvais.



    Homosexualité et confusion


    De nos jours, on garde encore ce clivage hétérosexuels/homosexuels. Et malgré l’évolution des mentalités, être étiqueté de gay ou de lesbienne n’a rien d’enviable. Cela veut dire qu’il faut se cacher comme si on portait le mal en soi (s’embrasser en public est considéré comme une provocation), que l’on doit souvent choisir entre mentir ou choquer, voire écœurer, qu’une annonce à sa famille peut être une expérience extrêmement pénible, que certains amis risquent de nous quitter par manque de tolérance ... Il faut savoir qu’un jeune homosexuel sur quatre a déjà tenté de se suicider, soit … 13 fois plus que chez les jeunes hétérosexuels (rapport 2008 de SOS homophobie).
    Pas étonnant, donc, que pour les personnes qui se cherchent, le moindre signe suspect, le moindre désir pour une personne de même sexe soit refoulé. Car il y a la peur de rentrer dans la catégorie des « homos », ce cercle fermé et maudit dont on reste prisonnier à vie.

    ***

    Mais c’est quoi, au final, être homosexuel ?

    Voyons si le Larousse peut nous éclairer :

    homosexuel, homosexuelle
    adjectif et nom

         « Se dit de quelqu'un que son désir sexuel porte vers des personnes de même sexe. »

    (Une définition tellement complète qu’il ne faut pas s’étonner si les estimations du pourcentage d’homosexuels dans la population oscillent entre 2% et 10% … après tout, on n’est pas à un facteur 5 près)

    Et les mecs qui ont joué à touche pipi avec les copains pendant l’adolescence ? Ceux qui sortent avec des filles mais ne seraient pas contre une expérience avec un mec « pour essayer » ? Ceux qui ont déjà franchi le pas deux, trois fois, et ont bien aimé mais préfèrent s’en tenir aux relations hétérosexuelles « pour avoir une femme et des enfants » ? Et ces filles qui s’embrassent sans aucune retenue en boîte « pour chauffer les mecs » ?
    Les psychiatres se veulent rassurants : on peut avoir des pensées, et même des relations homosexuelles de temps en temps, sans que cela remette en cause l’hétérosexualité. Ouf ! On n’est pas passés loin de la catastrophe …
    C’est pourquoi, d’un adolescent qui commence à s’intéresser aux mecs, d’une adolescente qui est soudainement attirée par les  filles, on dira qu’il/elle est en train de traverser une « phase », que « ça lui passera ! ».  Comme une mauvaise grippe ?

    Et c’est vrai, ça pourra lui passer. Mais en attendant, l’adolescent qui découvre ses désirs peut entrer dans une période de grande confusion : « Mais alors je suis quoi, moi ? ». Il sent qu’on attende de lui qu’il fasse un choix. Et s’il se sent attiré par les personnes de même sexe, il va automatiquement refouler, ou culpabiliser.

    Ainsi, lorsque l’on dit qu’il y a de 6 à 7 % d’homosexuels  en moyenne (étude de J. Corraze, parue en 1996 dans la collection "Que sais-je") dans la population de chaque pays – et c’est déjà beaucoup, cela veut dire environ une personne sur quinze ! –, qu’est-ce que ces chiffres signifient réellement ? Déjà, est-ce facile pour une personne interrogée, même de manière prétendument anonyme, de dire qu’elle est homo ? Ensuite, que deviendraient ces pourcentages si on comptabilisait tous les degrés d’homosexualité, qu’elle soit occasionnelle, fantasmée, refoulée ?



    Vers une compréhension de la bisexualité


    Avec le temps, les mentalités ont un peu évolué. Et les gens ont commencé à réaliser que l’on pouvait avoir des désirs aussi bien portés vers les hommes que vers les femmes.
    Mais aujourd’hui encore, il est surprenant de constater que personne ne s’entend sur le « concept » de bisexualité. Les théories les plus diverses coexistent toujours.

    • En 1920, Freud avait fait fort dans ses Trois Essais sur la Théorie Sexuelle, en affirmant que tous les humains étaient bisexuels par nature, et qu’ils devenaient monosexuels au cours de leur développement psychologiques, aidés par des facteurs internes et externes. C’est la « bissexualité innée », bisexualité qui ne constituerait finalement qu’un état intermédiaire, une phase transitoire. Mais un jour ou l’autre, il faut bien mettre fin à la « période d’essai » et choisir entre un sexe ou un autre. Un choix qui cette fois-ci n’est pas imposé par la société, mais qui se fait naturellement, comme on trouve sa voie. Cette théorie où tout être est amené à renoncer à l’amour avec la moitié de l’humanité est presque surprenante de la part d’un philosophe selon qui l’Homme voit de la perversité en chaque chose …

     

    • Pour certains, la bisexualité n’existe pas, ce n’est qu’un refuge  d’homos qui ne s’assument pas, voire dans le « meilleur » des cas d’hétéros qui veulent se la jouer cool. Les personnes soutenant cette théorie peuvent être sans pitié pour les prétendus bi, qui sont soit des indécis, soit des imposteurs. Certaines idées reçues prétendent ainsi qu’ils ne savent pas s’engager dans une relation, en particulier dans une relation homosexuelle. Sans doute ont-ils un côté névrosé  et désorienté, et culpabilisent systématiquement chaque fois qu’ils jouent aux queers …

     

    • Pour d’autres, au contraire, la bisexualité existe bel et bien ; les bi sont capables d’aimer autant les hommes que les femmes, ce sont même de beaux obsédés sexuels !  Adaptes du libertinage, ils ne peuvent pas être en couple avec un homme sans avoir envie de le tromper avec une femme, et vice versa. Un peu comme si un hétéro ne pouvait pas sortir avec une blonde sans avoir systématiquement envie de se taper une brune dans son dos …


    Relevons également ceux qui pensent que tout le monde est bi, mais qu’il ne le sait pas forcément. Il y aurait en quelque sorte un potentiel en chacun de nous, susceptible de s’exprimer à tout moment.
    Est-ce un premier pas vers la tolérance ? Eh bien, tout dépend de la manière dont cette théorie est interprétée. Car il ne faudrait pas non plus faire du « Freud inversé » et considérer la non bisexualité comme une phase provisoire ou illusoire !
    Une interprétation plus souple serait de dire que chaque être a la possibilité d’aimer les deux sexes, mais que de par son histoire, sa personnalité, ses envies … etc, il peut s’orienter soit vers les hommes, soit vers les femmes, soit vers les deux alternativement, ou encore vers les deux simultanément ! Il est libre de choisir … ou de ne pas choisir !

    Après tout, le fait que je mange principalement salé n’implique pas que je ne peux pas manger sucré.
    Après tout, je peux très bien rejeter un aliment à la suite d’un plat raté, ou parce que son aspect ne me plait pas au premier abord, et me rendre compte des années plus tard  que j’arrive à l’apprécier.
    Après tout, certains végétariens ne mangent pas de viande non pas par manque de goût, mais par volonté, par principe.

    Alors, faut-il considérer que tout le monde est bisexuel ? Mais dans ce cas, est-ce vraiment raisonnable de qualifier de bi une personne qui durant toute sa vie n’a eu que des pensées et expériences hétéro ?
    Ou bien faut-il retenir trois catégories : hétéro, bi et homo ? Mais dans ce cas, où se situent les frontières ?

     

    La bisexualité graduée


    Dans les années 50, le docteur Alfred Kinsey a publié deux études déterminantes sur la sexualité des hommes et des femmes aux Etats-Unis. Critiqué pour la représentativité douteuse de ses échantillons, il a au moins eu le mérite de relever que l’hétérosexualité et l’homosexualité n’étaient pas incompatibles, mais qu’elles constituaient les pôles extrêmes de ce qui est resté sous le nom d’échelle de Kinsey, graduée de 0 pour les personnes exclusivement hétérosexuelles jusqu’à 6 pour les personnes exclusivement homosexuelles.
     

    0

    Exclusivement hétérosexuel(le)

    1

    Prédominance hétérosexuelle, expérience homosexuel(le)

    2

    Prédominance hétérosexuelle, occasionnellement homosexuel(le)

    3

    Bisexuel sans préférence

    4

    Prédominance homosexuelle, occasionnellement hétérosexuel

    5

    Prédominance homosexuelle, expérience hétérosexuel(le)

    6

    Exclusivement homosexuel(le)


    Cette échelle est devenue depuis une référence. Certes, elle catalogue toujours les individus, mais de manière beaucoup plus graduée, en introduisant la notion de degré d’homosexualité, qui s’applique à chaque personne. Et simplement en changeant l’origine de l’échelle, on peut tout aussi bien parler de degré d’hétérosexualité, ou de degré de bisexualité, ceci de manière strictement équivalente.

    C’est bien ? Oui, mais ce n’est pas encore suffisant.  Car nos désirs évoluent dans le temps. Et alors qu’une personne mariée peut se découvrir à 50 balais passés un faible pour le même sexe, le revirement inverse est également possible, contrairement aux idées reçues.
    L’indice d’homosexualité d’un individu lambda calculé à partir de l’échelle de Kinsey n’est donc valable que pour une certaine période, de durée inconnue. Rien n’est gravé dans le marbre, et encore moins dans l’ADN !

    Dans son livre The bisexual option, le Dr Fritz Klein (1932-2006) propose une grille d’orientation sexuelle encore plus tordue, qui non seulement tient compte de l’évolution des désirs dans le temps, mais distingue également 7 composantes (variables) détaillées dans la grille ci-dessous :


    Variable

    passé

    présent

    idéal

    A : Attraction sexuelle

     

     

     

    B : Comportement sexuel

     

     

     

    C : Fantasmes sexuels

     

     

     

    D : Préférence émotionnelle

     

     

     

    E : Préférence sociale

     

     

     

    F : Mode de vie homo/hétéro

     

     

     

    G : Propre identification

     

     

     

     

    Chaque case est à remplir avec un numéro de 1 à 7, qui correspond …

    • Pour les variables de A à E :

    1 = uniquement le sexe opposé

    2 = principalement le sexe opposé

    3 = plutôt le sexe opposé

    4 = les deux sexes

    5 = plutôt le même sexe

    6 = principalement le même sexe

    7 = uniquement le même sexe

    • Pour les variables de F à G :

    1 = uniquement hétérosexuel

    2 = principalement hétérosexuel

    3 = plutôt hétérosexuel

    4 = autant hétérosexuel qu’homosexuel

    5 = plutôt homosexuel

    6 = principalement homosexuel

    7 = uniquement homosexuel


    =>  Par le passé, on entend « antérieur aux 12 derniers mois ».
    => Par l’idéal, on entend « ce que j’aimerais éventuellement être dans le futur »

    Soit en tout, 721 possibilités … Certes, la plupart des combinaisons sont très peu probables, mais on est loin des 2 possibilités initiales : hétéro ou homo, point final !

    Si on poussait le raisonnement jusqu’au bout, on définirait l’identité sexuelle d’un individu en tenant compte de la totalité de ses expériences, analysées une par une en termes de ressenti physique et émotionnel, ainsi que de tous ses fantasmes, ses idéaux, ses désirs refoulés … et on se rendrait compte au final (mieux vaut tard que jamais), que chaque être est unique, et que sonder ses désirs est une mission qui se révèle autant idiote qu’inutile.

     

     La bisexualité : un idéal ?

     
    A présent, remettons un peu les pieds sur terre.  Le but de cet article n’est pas de révéler l’homosexuel qui sommeille en chaque hétérosexuel, ni inversement. Car il est vrai qu’en pratique, la plupart des gens, qui ressentent forcément une préférence, finissent par stabiliser leurs relations autour d’un seul sexe.
    C’est peut-être dans un sens la faute au sectarisme, qui fait que les milieux homos et hétéros sont aussi démarqués. Lorsque l’on commence à fréquenter une des deux communautés, que l’on s’y fait des connaissances, on finit par prendre ses petites habitudes et il devient alors dur de faire le grand écart avec la communauté « adverse » sans passer pour un acrobate.

    Et pourtant … dans d’autres circonstances, ou bien aidés par un coup imprévu du destin, n’aurions-nous pas pu faire partie de l’autre rive ?
    La réponse n’est vraiment pas évidente, car bien que l’homosexualité ne soit pas un choix, elle n’est pas non plus inscrite dans les gênes, de même que nos goûts évoluent souvent indépendamment de nos intentions, en fonction d’une multitude de facteurs extérieurs qui nous échappent.

    Alors pitié, arrêtons de cataloguer chaque individu selon ses préférences, arrêtons de le placer au pied du mur en lui demandant de faire un choix et d’en assumer la responsabilité.
    S’il pense qu’il se sent mieux avec les mecs ou avec les filles, tant mieux pour lui ! Peut-être qu’il restera homo ou hétéro toute sa vie, peut-être qu’il finira par avoir d’autres penchants plus tard.
    Et s’il se cherche … ne lui forçons pas la main en lui assenant qu’il faudra bien qu’il finisse par choisir son camp ! Car c’est typiquement cet état d’esprit qui conduit à l’intolérance et l’exclusion, sous toutes ses formes, d’un bord comme de l’autre.

     

    Newik


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